Infolettre d’automne 2023

Salutations de l’éditeur

À l’automne, la nature connaît un « grand dérangement ». Tout commence avec la migration des
oiseaux qui entament un long voyage vers le sud. Vous ne pouvez pas les manquer, alors qu’ils
volent au-dessus de nos têtes en formation en V dans un concert harmonieux de vocalisations aiguës, tout en battant discrètement des ailes en sourdine.

Dans la forêt, les animaux constituent leurs réserves de graisse en consommant autant de végétation que possible ; les écureuils avisés cachent des noix pour l’hiver, tandis que d’autres repèrent d’éventuelles caches et essaient de se faufiler dans votre chalet.

Les chasseurs se préparent pour la saison de chasse, qui débute vers septembre, en fonction de la région, de l’espèce et du type d’arme utilisé. La pêche est toujours bonne au Lac Heney et au Lac Sainte-Marie.
Dans cette édition, nous vous parlerons de l’impact des incendies de forêt sur la qualité des eaux lacustres, de l’importance de maintenir votre système septique en bonne santé, ce qui est d’actualité alors que les municipalités s’activent à faire la vidange. Nous vous présenterons l’Agence Bassin Versant des 7 (ABV – 7), une organisation qui travaille ardemment à promouvoir la protection de la qualité lacustre dans la région hydrographique des 7 grands cours d’eau qui traversent la vallée de la Gatineau, et nous clôturerons avec un résumé des moments forts de notre été.

Nous remercions Michael Wolfson pour sa contribution. Deux nouvelles rédactrices ont rejoint l’équipe éditoriale : Karen Richardson et Liz Stirling vous apporteront un regard frais sur ce qui se passe autour de notre lac.

Incendies de Forêt et Qualité de L’eau des Lacs

Par Karen Richardson

Au cours des dernières années, les incendies de forêt ont augmenté en taille, en gravité et en fréquence dans de nombreuses régions du Canada, ainsi que dans d’autres parties du monde. Les conditions météorologiques plus chaudes et plus sèches augmentent le risque d’incendies de forêt car la végétation est plus inflammable dans ces conditions. Selon les statistiques canadiennes sur les incendies de forêt, jusqu’en septembre 2023, les incendies avaient brûlé environ 5 % de la superficie totale des forêts du Canada, la Colombie-Britannique, l’Alberta, les Territoires du Nord-Ouest, le Québec, l’Ontario et la Nouvelle-Écosse ayant été particulièrement touchés au cours de cette saison.

Alors, qu’est-ce que cela signifie pour la qualité de l’eau des lacs ?

Les incendies de forêt peuvent avoir un impact significatif sur la qualité de l’eau des lacs et des cours d’eau canadiens. Un incendie intense peut brûler la végétation et le sol qui servent à absorber et à répartir plus uniformément les précipitations ou la fonte des neiges, et à filtrer naturellement les sédiments et les toxines avant que l’eau n’atteigne même les lacs et autres sources d’eau.

Après un incendie de forêt, la perte de végétation et les modifications des propriétés du sol réduisent cet effet « éponge » de la forêt. Cela peut entraîner un écoulement accru de l’eau à la surface de la terre lors des tempêtes de pluie, ce qui provoque des inondations, de l’érosion et la contamination de l’eau par des sédiments, des cendres, du phosphore, de l’azote et du carbone organique. Cela peut entraîner une diminution de la qualité de l’eau (Institut de l’eau, Université de Waterloo).

Est-ce que l’utilisation de retardants aériens pour les incendies affecte la qualité de l’eau ?

Les retardants aériens sont des substances larguées par des avions à l’extérieur du périmètre de
l’incendie pour aider à arrêter ou à ralentir la propagation du feu. Ce sont essentiellement des engrais à usage industriel avec colorants (qui sont souvent rouges pour que les pompiers puissent voir où ils ont été appliqués). Les retardants contiennent des sels d’ammonium qui réagissent avec le feu pour libérer de l’eau et du dioxyde de carbone qui refroidissent et étouffent le feu (Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest).

Bien que les pilotes essaient d’éviter d’appliquer les retardants à proximité des cours d’eau, les composants semblables à des engrais peuvent entraîner la croissance d’algues (eutrophisation) dans les bassins versants s’ils sont appliqués à proximité (Services de santé de l’Alberta)

Les Systèmes Septiques et leur Entretien

Par Michael Wolfson & Christine Ouellet

Les systèmes septiques sont essentiels pour maintenir la qualité de l’eau dans le lac Heney et ses
lacs tributaires. Un système septique qui fonctionne mal laissera fuir du phosphore dans le lac
Heney et ses lacs tributaires.

Un excès massif de phosphore était le problème causé par la pisciculture, et les résidents et les chaletiers du BVLH doivent rester vigilants pour limiter autant que possible toute nouvelle addition de phosphore dans les lacs. Plus il y a de phosphore dans les lacs, plus il contribue à la croissance des algues et réduit généralement la qualité de l’eau.

En septembre, les municipalités de Lac SainteMarie et de Gracefield se rendent sur les propriétés pour vider les fosses septiques sur place. Les municipalités ont pris sur elles de s’assurer que le pompage est fait régulièrement, tous les 2 à 4 ans. Les systèmes septiques ne sont performants que grâce à leur entretien régulier. Un bon entretien est le problème numéro un qui déterminera si votre système septique fonctionne correctement. Pour qu’il fonctionne bien, année après année, il faut enlever régulièrement les écumes, et il faut l’alimenter avec de bonnes bactéries qui feront leur travail.

La plupart des propriétaires gâchent leurs systèmes septiques parce qu’ils utilisent des produits
corrosifs et nocifs. Une bonne cuve en béton peut durer environ 40 ans, si elle est correctement entretenue et alimentée avec des matériaux qui ne la détruiront pas. Les produits corrosifs et nocifs, non
seulement endommagent le revêtement de la cuve, mais tuent aussi les bactéries utiles. Un pompage régulier peut prévenir des pannes coûteuses comme un champ d’épuration bouché ou des eaux usées qui remontent dans la maison. Ne soyez pas insensible au problème des odeurs. Votre système septique, s’il fonctionne correctement, ne devrait pas émettre d’odeurs et la zone du lit d’épuration ne devrait pas être spongieuse ou paraître trop verdoyante.

Entretien avec Lynn Robitaille

Depuis les vingt dernières années, Lynn Robitaille conduit un gros camion-citerne rouge qu’on surnomme « charriot à miel » afin de vidanger les fosses septiques pour la municipalité de Gracefield. Au début, elle faisait le trajet toute seule, mais depuis trois ans, elle a un assistant. C’est toute une femme, qui aime
bien placoter avec ses clients et, elle avoue que c’est la meilleure partie du travail.

Je lui ai demandé quels étaient les plus gros problèmes qu’elle rencontraient. Elle dit : « Lorsque les gens ne dégagent pas suffisamment l’ouvertures alentour du réservoir, j’ai de la difficulté à manipuler le tuyau. Aussi, parfois, les gens ne réalisent pas que la citerne est assez haute, j’ai de la difficulté à passer à
cause des débris et des branches basses qui sont un problème pour le camion-citerne. »

Elle ajoute : « Il y a un autre élément important que bien des gens ignorent : sur les nouveaux réservoirs septiques, il y a un filtre situé sous le 2 ième couvercle. Il recueille les débris qui ne sont pas solubles et il le filtre doit être nettoyé tous les ans. Lorsque le filtre est obstrué, il n’empêche plus les solides de passer
dans le champ d’épuration.

Et quand cela se produit, tout remonte dans la plomberie du chalet. Vous pouvez voir si le champ septique ne fonctionne pas bien lorsqu’il émet des odeurs et quand le sol devient spongieux. »

Prendre bien soin de cela va vous faire épargner des frais, la visite de l’inspecteur et un bon $10,000 pour un nouveau réservoir, sans compter un nouveau champ d’épuration à aménager. Un bon entretien et la prévention vont vous aider à éviter les problèmes, des réparations et remplacements couteux.

L’ABV des 7 planifie à long terme l’avenir des lacs et des rivières

Par Christine Ouellet

L’ABV des 7, c’est la gestion intégrée et concertée d’une immense région hydrométrique qui inclus les bassins versant des rivières Blanche, Coulonge, Dumoine, Noire, Quyon. Gatineau et une partie de la rivière des Outaouais (bassin résiduel). Elle vise à assurer la conservation de l’eau et des milieux humides
de la région.

L’Agence s’inscrit dans le cadre de la lutte aux changements climatiques. Elle est officiellement reconnue par le ministère de l’environnement et son plan directeur de l’eau fait l’objet d’une approbation interministérielle. L’ABV des 7 favorise les projets dont la restauration d’habitats aquatiques, l’acquisition de connaissances et la sensibilisation des usagers aux problématiques de l’eau.

Le mandat de l’ABV des 7 est d’élaborer le Plan Directeur de l’Eau basé sur la concertation des usagers et acteurs de l’eau, de les accompagner, de développer des projets qui rencontrent les objectifs, de diffuser des connaissances sur le territoire des 7 bassins versants et de valoriser et mesurer l’impact des actions prises par les acteurs et usagers de l’eau.

Le PDE est établi à long terme et est révisé et analysé au moins tous les 10 ans. Il implique une foule d’acteurs dont les ministères, organismes gouvernementaux municipaux, communautés autochtones. C’est un outil de mobilisation pour les acteurs de l’eau tels, la société civile, les associations des lacs, gestionnaires de barrages industries forestières et minières, producteurs agricoles et autres etc.

Un exemple de cooperation: la bataille contre le myriophille à épi eurasien

Un bon exemple du travail de l’ABV des 7 dans la région a eu lieu dernièrement dans la région. L’Association du bassin versant du lac Blue Sea (ABVLBS) avait constaté un problème avec le Myriophylle à épi, une espèce envahissante au lac Blue Sea qui se propage par fragmentation. Ensemble, avec l’ABV des 7 ils ont entrepris de l’éradiquer, et la préparation des lits a débuté en 2018.

Deux sites ont été choisis: l’un en face de la rampe de lancement publique du lac Blue Sea et l’autre
devant celui de la municipalité de Messine, pour un total de 5 lits. L’ABV des 7 était maître de la logistique et des aspects financiers tel l’obtention des autorizations, les permis des divers ministères, recruter les contracteurs, superviser et assurer le suivi de la 1ere, 3, 5 année et rédiger le rapport de suivi.

Donc, l’ABV des 7 supervisait les opérations et l’ABVLBS était le client qui fournissait des bénévoles afin d’assister à la réalisation du projet et ainsi à réduire les couts.

Pour réaliser ce projet, ils ont étendu 52 toiles de jute mesurant 50 x 7 mètres sur des sites stratégique et ont utilisé 2800 sacs de polyéthylene noir remplis de gravier afin de faire couler les toiles de jute au fond du lac. Ceci couvrait une surface de 5574 mètres carrés de lit.

Le Président de l’association du lac Blue Sea, M.Francis LeBlanc, maître d’ouvrage du projet, explique qu’afin d’étendre ces énormes toiles de jute, ils ont du utiliser 1 ponton, 2 quais flottants et plusieurs kayaks et GPS. L’opération a nécessité plusieurs mois de planification et de coordination entre bénévoles et les membres de l’ABVLBS, en plus de 9 plongeurs certifiés.

On espérait que le recouvrement du myriophylle dans ces herbiers éviterait sa propagation dans le
reste du lac Blue Sea et dans les autres lacs non contaminés de la région et qu’il aiderait au rétablissement de la biodiversité du lac Blue Sea.

L’auteur du rapport de suivi de l’ABV des 7 en 2021, M. Pascal Samson, biologiste en chef, écrivait en conclusion : « L’organisation de l’opération de retrait des sacs d’ancrage sur les sites traités à la toile de jute au lac Blue Sea s’est avéré un succès puisque l’opération a permis le retrait de l’ensemble des sacs visibles ayant servi à fixer les toiles. Le niveau d’organisation de l’équipe de plongée et leur professionnalisme ont assuré le succès de l’opération et la bonne sensibilisation au respect des normes environnementales ont permis de minimiser les impacts du retrait des sacs d’ancrage. L’excellente préparation des membres de l’Association du bassin versant du lac Blue Sea a permis de consolider ce succès »

M. LeBlanc ajoute par ailleurs que la lutte contre l’invasion du myriophylle à épis est incessante. Le
myriophylle arrive de différentes manières, par les bateaux venant des autres lacs qui ne sont pas
lavés, par les oiseaux aquatiques, et les courants.

Assemblée Générale Annelle et Barbecue de juillet 2023 : Un Grand Succès !

Par Liz Stirling

Le dimanche 23 juillet 2023, l’Assemblée Générale Annuelle du Bassin Versant Lac Heney s’est tenue
sur le site de la municipalité du Lac Ste Marie. Par une magnifique journée d’été, environ 60 résidents du lac ont assisté au compte-rendu des activités de 2022-23. La Fondation pour la protection du lac Heney a précédé cette réunion et a fait rapport sur les états financiers.

Roger Larson, Président de l’Association BVLH, a donné un aperçu de l’année, y compris la publication de la première infolettre estivale, un projet de protection des rives et le recrutement de nouveaux membres du conseil d’administration, Christine Ouellet et Karen Richardson.

Plusieurs modification aux Arretés ont été votées par les membres ce jour-là.

Le Trésorier Ted Billey a fait état des revenus et dépenses pour 2022-23 ainsi que de quelques modifications aux états financiers des années précédentes. Un budget pour 2023-24 a également été partagé. Le nombre de membres continue d’augmenter.

Tom McKenna a fait un rapport sur l’état du lac. Son travail bénévole sur les tests d’eau et de sédiments, avec les frais d’essence pour le bateau payés par l’association, est essentiel à l’analyse continue du contenu en phosphore et en oxygène, et est grandement apprécié. Les résultats des tests effectués par Kilgour and Associates, payés par la Fondation, montrent que le Lac Heney est stable. Le Lac Desormeaux a du mal avec sa forte teneur en phosphore.

Chantal Landry a fait une présentation sur l’asclépiade.

Un barbecue pour les personnes présentes a eu lieu immédiatement après la réunion. Le Conseil d’Administration du BVLH se réunit huit fois par an et pour 2023-24, deux nouveaux membres sont
accueillis : Nancy O’Dea et Rees Kassen. L’augmentation du nombre de membres et les efforts continus pour améliorer la protection des rives sont quelques-unes des priorités.